Le temps pour s’aimer et la patience d’aimer

Par notre libre-arbitre, nous sommes l’acteur, l’auteur, le créateur responsable du temps qui nous est imparti sur Terre, de ce que nous manifestons dans notre vie. A quoi sert ce temps si ce n’est pour s’accomplir, se réaliser ? A quoi sert ce temps si ce n’est pour aimer ?

Aimer être qui je suis : un chemin pour aimer.

Aimer être qui je suis dans mes incertitudes et mes accomplissements, Aimer être qui je suis dans mes enténèbrements et ma vulnérabilité,

Aimer être qui je suis dans mes joies, et mes espoirs, dans mes actes d’engagement pour le vivant,

Aimer être qui je suis dans l’école de la Vie, dans l’ex-pire, et dans l’inspir, m’accepter sans condition dans mes respirations,

 Aimer être qui je suis pour rire et savourer et pouvoir me pardonner,

Aimer ressentir l’émotion d’aimer, aimer dans l’abandon, aimer sans jugement,

Vivre la liberté d’être ce que je suis, ce que je porte, ce que je sens,

Répondre à ce mouvement de vie : ouvrir la porte à mon épanouissement.

Et par cet acte d’amour pour ce que je suis, je peux aller à la rencontre de l’autre et déborder d’amour pour lui, 

Par cet acte d’aimer qui je suis, je suis libre d’aimer sans rien attendre. 

 

Qu’est-ce qu’aimer ? 

Ce mot résonne en mon âme. Qui suis-je pour aimer si je ne suis pas déjà amour ? Qui aime en moi quand je dis : « je t’aime » ? Un coeur qui vibre sur la fréquence de l’amour est un coeur qui a des ailes, et qui est rempli d’amour pour aller vers l’autre et se donner à lui. 

L’amour ressenti est un sentiment pur, sacré qui n’a rien à voir avec des contingences matérielles. L’amour ne s’achète pas. Il est spirituel. Je peux traverser la France et parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres pour retrouver un être aimé tout comme je peux me recréer sans cesse une vie par l’amour qui me traverse.

Je peux quitter ce qui ne me convient plus et porter mes projets à leur excellence par l’amour que je m’adresse, par l’amour que je me porte car cet amour est une porte vers toujours plus de Soi-m’aime.

Par le respect et la tendresse que j’exprime à l’être aimé, je peux sentir faire partie d’un flot d’amour plus grand qui me renverse.

L’amour en tant qu’immersion totale dans ce qui me dépasse est bouleversant.

Il est ce qui m’élève toujours davantage vers cette source que je manifeste et que je suis.

En amour, je suis vivante, vibrante, consciente d’être là au beau milieu de la Vie, et enthousiasmée par elle. Dans cet « en-theos » , ce ressenti d’ « être en Dieu qui vit », je rayonne ma joie d’être. Et par cette expression je me réalise, et par cette expérience émotive je remercie. Je suis dans la gratitude d’être en vie, et je ressens que tout est possible, que mon amour grandit en donnant.

Je suis. 

Par le ressenti de ce « je suis » qui me remplit, je reconnais que ma vie est sacrée ; je reconnais que mon corps est le temple de cette vie tout comme mon coeur est le réceptacle de l’amour. 

Si je peux aimer chacun comme il est, dans la richesse de sa différence, pourtant, je choisirai les êtres qui croiseront mon chemin et avec lesquels je serai prête à consacrer cet amour dans une alliance.  

Car l’amour explose, se donne et se répand !

L’amour est par essence créateur de vie et de joie. L’amour est croissance, enrichissement, construction, édification, développement, reliance.

L’amour rend libre, heureux, créatif et rayonnant.  

 

Pour écrire cet article, je me suis replongée plusieurs années en arrière, à l’heure où j’ai dû tout remettre en question suite à mon burn-out professionnel et deux ruptures sentimentales rapprochées, chacune nécessaires, pardonnées et comprises plus tard comme des Cadeaux pour mieux aimer.

Ces questions m’ont amenée à des conclusions qui restent « ouvertes »…

Aimer pour réparer n’est pas aimer sans condition

Je peux me demander…

 – Est-ce que la vie de couple est une aspiration essentielle que j’ai et qui est propre à mon être ou est-elle un modèle social auquel il s’agirait de répondre par conformité ou par peur d’être catalogué-e dans les « solitaires », les « marginaux » ou encore les « asociaux » ?

– Qu’est-ce qui me pousse à vivre en couple plutôt que de vivre seul-e ?

– Ai-je guéri mes blessures d’amour au point de ne rien attendre d’un partenaire ou ai-je besoin d’un partenaire pour me sentir heureux-heureuse ? De qui dépend mon bonheur de vivre ? D’un autre ou de moi-même ?  

Souvenez-vous de l’histoire de l’homme qui ne croyait pas à l’amour…   

– Quelle est ma vision d’une vie de couple (celle que je veux vivre) ?

– Suis-je conscient-e que l’amour exige avant tout le courage d’être moi-même, qu’il exige le courage de dire oui et de dire non, qu’il exige des moments de retraite pour réfléchir et décider ensuite de ce qui permettra à mon être de s’épanouir ?  

– Suis-je conscient-e que la relation de couple est une alliance de projets et de valeurs partagées et non pas deux egos qui font ce qu’ils veulent chacun de leur côté ?

 

En amour, il ne s’agit pas de se laisser choisir comme un objet (dépossédé de lui-même) à prendre sur un étalage. Il s’agit encore moins de faire comme tout le monde, de répondre à des injonctions collectives et médiatisées ou à des injonctions familiales ou encore à des besoins sexuels.

Il s’agit de ressentir en soi l’amour que l’on a à donner pour choisir l’être aimé et être le serviteur de l’amour.

 L’amour ne prend pas. L’amour ne dépend pas. L’amour est don.  

 Mes observations…

Combien de couples se précipitent et reposent sur du vent simplement parce que certaines parties de leur personnalité ne sont pas intégrées ? Combien d’hommes et de femmes ne savent pas ce qu’ils/elles veulent vivre mais s’engouffrent dans une relation pour ne pas être seul-e, pour combler une blessure d’amour et construisent alors leur couple sur des compensations et bien souvent sur la satisfaction de besoins primaires ?

Plutôt que de dire : « nous avons survécu au mariage après 40 ans de vie commune« , n’est-il pas plus juste d’opérer un réajustement de ses valeurs, de répondre aux besoins de son âme ? 

Des réponses…

Don Miguel Ruiz recommande de prendre le risque et d’assumer la responsabilité de conclure un nouvel accord avec le partenaire. « Ce que vous partagerez avec lui, ce ne sont pas vos poubelles, mais votre amour, votre romance, votre compréhension. Le but, pour vous deux, est d’être de plus en plus heureux, ce qui exige de plus en plus d’amour. (…) Guérissez votre moitié de la relation et vous serez heureux. Si vous parvenez à soigner cette part de vous-même, vous serez alors prêt pour une relation sans peurs, sans besoins. Mais rappelez-vous que vous ne pouvez guérir que votre moitié de la relation. Si dans une relation, vous travaillez sur votre moitié et votre partenaire sur la sienne, vous verrez à quelle vitesse les progrès se feront. (…) Un jour viendra où vous pourrez être en compagnie de votre partenaire sans culpabilité, sans reproches, sans colère et sans tristesse. ce jour-là sera merveilleux. (…) » 

 Don Miguel nous donne aussi la recette de la cuisine magique. Notre coeur est semblable à une cuisine magique. Si nous l’ouvrons, nous y trouvons tout l’amour dont nous avons besoin. « Il est inutile de parcourir le monde pour quémander l’amour. (…) Notre amour est là mais nous ne le voyons pas. » 

 

Vivre seul ou vivre en couple ?

Vivre seul est une opportunité pour se connaître, se respecter et apprendre à s’estimer. C’est aussi et surtout une occasion exceptionnelle pour se donner le temps de prendre conscience de ses blessures et de les guérir plutôt que de subir la solitude dans l’attente que quelqu’un d’extérieur vienne les panser.

Alors, le jour où une rencontre se présentera, le futur partenaire ne sera pas un sauveur. Il sera possible de débuter une relation avec mais ce sera un choix conscient car nous n’aurons pas besoin de son amour. L’amour que nous nous portons est celui que nous voudrons donner. « Nous n’avons plus à le chercher ». « Lorsque vous avez tant d’amour pour vous-même, être seul n’est plus un problème. Vous êtes heureux d’être seul, et vous avez aussi plaisir à partager. »  (Don Miguel Ruiz)

Mon témoignage :

Vivant seule depuis plusieurs années, j’ai eu le temps de réparer mes blessures et de modifier les croyances que j’y avais associées. Ainsi je n’ai plus d’attente à l’égard d’un partenaire. Je suis heureuse d’être qui je suis aujourd’hui avec mes imperfections et mes qualités. Je n’attends plus d’un partenaire qu’il me prouve que j’ai de la valeur à ses yeux pour me sentir aimée car je connais ma valeur. Je souhaite qu’il s’aime lui pour pouvoir aimer qui je suis ; je souhaite qu’il se connaisse pour savoir ce qu’il veut vivre et ne pas vivre, et qu’il soit conscient de ce qu’il a à réaliser pour s’accomplir et s’épanouir. C’est en le sentant heureux et rayonnant d’amour pour ce qu’il est et ce qui le motive que je l’aimerai et aimerai l’encourager dans ses projets. 

De même, par l’amour que je me porte désormais et par la guérison de mes principales blessures (celles qui me mettaient dans un vide à combler), je suis portée dans ce qui me motive. Je suis libre d’aimer et sais qu’une rencontre future avec un partenaire sera un « bonus » pour exprimer mon amour et le consacrer dans une alliance.  Je suis capable de l’aimer tel qu’il sera et sans attente parce que je suis déjà heureuse et parce que je sais que mon bonheur ne peut dépendre de l’extérieur.

Par ce que je vis, je sais aujourd’hui que c’est l’amour et la générosité que j’exprime qui me rend heureuse, c’est en donnant, en offrant que je me sens entière, authentique et intègre.  

 

La relation d’amour comme alliance est-elle utopique ?  

Choisir l’être aimé c’est être libre et conscient de son choix. Pour vivre en couple et en amour, le temps de la fréquentation du partenaire est primordial  avant de se lier affectivement et avant de s’engager. Pour cela, il est nécessaire de prendre le temps de rencontrer l’autre dans son authenticité, dans ses valeurs, de prendre le temps de découvrir ce qui se cache derrière les premières impressions, de prendre le temps de communiquer ce qui nous anime et ce que l’on veut réaliser.

C’est dans la communication et avec notre esprit que nous pouvons le toucher, le voir réellement, le connaître, le découvrir. C’est avec notre coeur que nous pouvons nous ressentir « aimant ». Un coeur qui s’ouvre au don d’amour prépare le corps à se donner à l’autre.

 Chacun se connaissant lui-même et mutuellement, l’un ne sacrifie rien pour l’autre. Chacun est vivant, vibrant et aimant dans la relation. S’engager ainsi mutuellement en amour, c’est se donner comme un cadeau l’un pour l’autre. 

L’amour est porteur d’épanouissement spirituel, d’énergies nouvelles qui fécondent la relation. L’amour n’est ni un enrichissement matériel, ni un échappatoire à la réalité ;  il n’a ni devoirs, ni obligations ; l’amour est libre. 

Cette alliance existe et n’est pas du tout utopique. Elle a déjà existé entre de nombreux êtres. Elle a comme seule exigence la patience d’aimer. 

Car dans cette alliance trois rencontres se succèdent intimement et mutuellement dans le temps qui n’apparaît plus comme un temps linéaire horizontal mais bien plutôt comme un temps multidimensionnel, expansif. La première rencontre est celle des âmes, par le regard. La seconde est celle des coeurs, par l’émotion et la vibration aimante qui ne cesse de croître. La troisième est celle des corps qui se rencontrent solennellement et dont l’union est la consécration de cet amour. L’acte sexuel est alors une hiérogamie, un véritable acte d’amour, de don de soi dans lequel le Sacré est honoré. 

L’amour entre êtres humains est ainsi une communication dont la finalité est l’enrichissement psychologique et spirituel mutuel. C’est ensemble, dans l’alliance des deux énergies d’amour qui se déploient, que cette magie s’opère, élève et transmute chacun à son plus haut degré de conscience du Soi.

 

Si rien ne va plus dans le couple 

La communication est primordiale dans la relation de couple et par elle de nouveaux accords peuvent être exprimés afin que la relation soit rendue agréable avant d’être de nouveau épanouissante. Elle est la seule à garantir l’alliance avec le temps que chacun peut prendre pour se recentrer et s’occuper de sa moitié.

Lorsque cette communication est rompue, une médiation peut avoir lieu grâce à une tierce personne compétente. Lorsque cette tentative de réajustement a été effectuée et si elle s’avère inefficace, alors la séparation peut être envisagée. 

Mais la séparation doit être un temps de réflexion pendant lequel chacun des partenaires reconnaît que l’autre ne peut pas être la cause de son propre bonheur et que la vie de couple n’est pas un mode de réglages des compensations. C’est pourquoi, la séparation (tout comme le divorce) est juste lorsqu’elle n’est pas vécue comme un déchirement mais lorsque la communication a permis à chacun des partenaires de grandir et d’être plus conscient de ce qu’est cette alliance à deux ; et lorsque chacun prend conscience qu’il ne servira à rien de rechercher un autre partenaire qui réussirait mieux que le précédent à combler ses attentes et à mettre des pansements sur ses blessures. 

L’expérience de la relation, celle qui se poursuit comme celle qui s’arrête, peut et doit également être comprise comme un enrichissement spirituel et psychologique mutuel. Aucun amour n’est perdu.  

Bien souvent d’ailleurs, les amours sont des réparations. Chacun attire ce dont il a besoin pour guérir ce qui ne l’est pas encore. Et, dans des relations de couple dysfonctionnel, l’autre est toujours un cadeau pour montrer ce qu’il y a à guérir, à panser. Il nous le montre mais ne peut le faire à notre place, c’est pourquoi l’amour qui se vit n’est que compensation et reste inassouvi.

Le mariage est un sacrement que l’on peut défaire lorsque cette alliance ne fonctionne vraiment plus malgré les tentatives de communication. Pour autant, chacun des partenaires ne devrait se sentir victime d’un échec. Cet amour aura été une expérience nourrissante pour devenir responsable de son propre bonheur. La rupture pour vivre est un temps sacré pour se reconnecter à son coeur blessé et prendre le temps de guérir ses propres manques afin de ne jamais plus déverser sur un autre partenaire « ses poubelles émotionnelles » ni quémander l’amour.

 

Aimer est une consécration 

J’ajoute ici que la relation conjugale est une relation libre dans laquelle l’amour qui unit les deux conjoints est consacré c’est-à-dire « voué au service de Dieu, du Divin ». Là est la participation de chacun à l’accomplissement de l’oeuvre divine. Cette participation consacrée est un acte de cocréation puissante si chacun connaît, respecte et entend ses potentiels à actualiser et qu’il est soutenu dans ce projet unique et intime d’accomplissement de son âme par l’amour de son partenaire.    

 

Ainsi : « Aimer est plus fort que d’être aimé-e »

  Puisse cette semaine vous préparer à être serviteur de l’amour

à ouvrir votre coeur à sa cuisine magique.

Bien à vous, Céline. 😉  

 

 Si cet article vous a plu, ou s’il vous questionne encore, partagez votre point de vue en laissant un commentaire.  😉 

2 réflexions au sujet de « Le temps pour s’aimer et la patience d’aimer »

  1. Karl

    Bonjour Céline
    réflexion très intéressante sur l’Amour. Je recommande moi aussi la lecture de ce petit ouvrage de Don Miguel Ruiz (bien plus profond, à mon humble avis, que ses célèbres « Accords toltèques »). C’est toujours un plaisir de vous lire, même si je ne partage pas toujours vos points de vue et, si je puis me permettre, votre tendance à « intellectualiser » un peu trop les choses de la vie … comme l’amour qui, vous me l’accorderez, est tout sauf intellect. Bien à vous & Cordialement. Karl.

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    1. Céline Auteur de l’article

      Bonjour Karl, l’amour est une expérience, comme tout le reste ; et les mots seront toujours insuffisants pour la décrire ; dès que nous parlons d’une expérience nous quittons la présence de l’expérience et nous en faisons alors une « histoire », une interprétation qui contient bien souvent nos croyances ! Merci pour votre commentaire. Je vous souhaite une très belle St-Valentin. Céline.

      Répondre

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