Réapprendre à être présent grâce à nos sens

J’ai déjà rapporté une histoire de Anthony De Mello, auteur de « Quand la conscience s’éveille » dans l’article « Que nous demande de voir le conte du petit aigle ? », exemple consacré à la fonction du conte et illustrant également la croyance limitante qu’est celle d’être séparé de qui nous sommes en réalité.

Aujourd’hui, je vous propose un extrait de ce même livre référence pour revenir à soi et au moment présent. A quel moment peut-on se laisser embarquer dans un vol qui ne nous correspond pas ? Sommes-nous toujours bien en accord avec la vie qui circule en nous ? Pour vérifier cela : être là dans le moment présent, en goûtant la vie de tous nos sens.  

Voici l’extrait…

 Qu’est-ce qui nous empêche de voir ?

« …Notre conditionnement, nos concepts, nos catégories mentales, nos préjugés, nos projections, les étiquettes que nous avons tirées de notre culture et de nos expériences passées. Voir est l’entreprise la plus ardue dans laquelle un être humain puisse se lancer, car elle exige discipline et vivacité d’esprit. Mais la plupart des gens préfèrent se réfugier dans la paresse mentale plutôt que de prendre le risque de voir chaque être et chaque chose dans sa fraîcheur présente…

Ainsi, on (notre éducation, notre contexte culturel et social…) nous a donné l’envie de diverses drogues : approbation, attention, succès, prestige, pouvoir, commandement, envie de voir notre nom dans les journaux, envie d’arriver au sommet. On nous a donné l’envie de devenir le capitaine de notre équipe, le chef d’orchestre de notre fanfare, etc. Comme nous avons besoin de ces drogues, nous en devenons dépendants et avons peur de les perdre.  

vous êtes devenus maladivement dépendants de ceux qui vous entourent, c’est ainsi que vous avez perdu votre liberté. Les autres ont à présent le pouvoir de vous rendre heureux ou misérable. Vous avez besoin de vos drogues, et l’exécration que vous avez pour la souffrance que ce besoin vous apporte est à la mesure de votre totale vulnérabilité. Il ne se passe pas une minute où, consciemment ou inconsciemment, vous ne vous conformiez pas aux ordres des autres, marchant au son de leurs tambours. 

Une personne qui ne marche plus au son des tambours de la société et qui danse sur la musique qui jaillit d’elle-même : voilà une excellente définition de l’être éveillé. Lorsque vous êtes ignoré ou désapprouvé, la solitude que vous ressentez est si insupportable que vous revenez aux autres en rampant, mendiant cette drogue consolante appelée soutien, encouragement et réconfort. 

C’est pourquoi vous avez besoin maintenant de conscience et de nourriture. Vous avez besoin d’une nourriture saine et adéquate. Apprenez à aimer la solide nourriture de la vie. Un bon repas, un bon vin, une bonne eau. Goûtez-les. Oubliez votre esprit et reprenez contact avec vos sens. Prenez une bonne, une saine nourriture. Le plaisir des sens et le plaisir de l’esprit dépendent d’une saine nourriture. Un bon livre, ou une bonne discussion, ou des pensées enrichissantes. C’est miraculeux. Malheureusement, les gens sont devenus fous ; ils sont de plus en plus dépendants car ils ne savent plus comment profiter des bonnes choses de la vie. Alors, ils cherchent des stimulants artificiels de plus en plus forts…

Si vous aimez profiter de la vie et du simple plaisir des sens, vous serez ébahi par les possibilités qui s’offrent à vous. Vous développerez cette extraordinaire discipline propre aux animaux. Un animal ne mange jamais plus qu’il ne lui est nécessaire…

Lorsqu’on profite intensément d’une chose, on se contente de très peu. Pensez à ces gens qui consacrent beaucoup de temps à préparer leurs vacances. Ils ont passé des mois à les organiser, et lorsqu’ils arrivent sur les lieux, ils paniquent à propos des réservations pour leurs billets de retour. Mais ils font quand même des photos, qu’ils aligneront dans un album et qu’ils vous montreront un jour, des photos d’endroits qu’ils n’ont pas vus, d’endroits qu’ils se sont contentés de photographier.

C’est là un symbole de la vie moderne. Je ne pourrai vous mettre assez en garde contre ce genre d’ascétisme. Alors soyez moins agité ; goûtez, sentez, permettez à vos sens de revenir à la vie. Si vous voulez parcourir la voie royale du mysticisme, asseyez-vous tranquillement et écoutez les sons qui vous parviennent. Ne vous concentrez sur aucun d’entre eux, essayez seulement de les entendre tous. Un miracle se produira, dont vous serez le bénéficiaire lorsque vos sens cesseront d’être obstrués. »

 shutterstock74093341-19  Je terminerai juste en disant que notre corps est le meilleur  ancrage pour vivre le cadeau du moment présent, pour se réaligner et que  lorsque je suis dans cet état de conscience éveillée à ce que je vis dans l’instant, je suis. Le miracle, l’extraordinaire est là : dans l’ordinaire et la simplicité.  

De tout coeur, je souhaite que vous vous retrouviez dans des nourritures qui ravissent vos sens, votre coeur et votre âme car

cela est l’expression de votre conscience créatrice.

 🙂 Céline

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